Ce début septembre marque les 1 an des Jeux Paralympiques. L’occasion de revenir avec l’entraineur de l’équipe de France para-tir à l’arc sur cette aventure humaine vécue aux Invalides. Vincent Hybois revient sur cette expérience marquante :
- Un an après les Jeux, quels souvenirs en gardes-tu ?
C’est une émotion un petit peu partagée entre quelque chose d’extraordinaire puisqu’on est passé d’une Olympiade de Tokyo qui était vide de spectateurs, vide de tout ce qui fait la vie et l’émotion des athlètes, à une Paralympiade sur Paris qui a été extraordinaire, avec des sites et des spectateurs merveilleux. Une ambiance vraiment chaleureuse qui a porté les athlètes tout au long de la compétition. Donc ça, c’est vraiment l’élément positif.
Après, l’élément qui était plus frustrant c’est qu’on sort de cette Paralympiade sans médaille et qu’on était vraiment décidé à en sortir avec de meilleurs résultats. Il y a forcément encore cette petite amertume qui reste un an après, mais qui nous donne l’essence pour aller nous battre en direction de Los Angeles.
- Par quelles émotions es-tu passé ?
C’était déjà de se préparer. En para-tir à l’arc, on n’a pas souvent de monde dans les tribunes et là on savait qu’on allait se retrouver avec des tribunes pleines donc la 1ère émotion c’était ça, de se dire comment les athlètes vont appréhender ça et comment, nous, on peut les préparer à être en présence de spectateurs qui vont forcément être derrière eux.
La différence aussi, c’est que quand on est à l’étranger, on entend parler les gens parler en tribune mais on ne comprend pas forcément ce qu’ils disent. Là on savait qu’il y avait de fortes chances que chaque mot énoncé de manière un petit peu forte, soit compris par les athlètes. Il y avait cette petite appréhension, cette petite excitation, de se demander ce qui va arriver sur le terrain par rapport à ça. Ça, c’était un élément qu’on a vraiment cherché à préparer par rapport à eux.
Une fois que ça c’était fait, la 2e émotion, c’était vraiment de la détermination. La pression et le niveau d’exigence sont montés, et on s’est mis en ordre de marche. Et puis, il y avait la plénitude de vivre les Jeux, du mieux possible, pour que chacun puisse y exprimer ses qualités.
- T’attendais-tu à une telle émulsion en termes d’ambiance ?
Oui, on savait que ça allait être grandiose et ça l’a été. Les athlètes n’ont pas la « chance » d’être aux Jeux, ils l’ont mérité, mais par contre la chance qu’ils ont, c’est de pouvoir participer à ces Jeux-là, ce côté ambiance à la maison. C’était quelque chose qui était à Paris. Donc, oui, vraiment, on a mesuré cette chance.
- C’est quelque chose qui t’a donné des frissons ?
Quand j’étais sur le pas de tir, il n’y avait que Guillaume (Toucoullet) et Aziza (Benhami) qui m’intéressaient, donc je dois avouer que je n’ai pas entendu grand-chose. Par contre, quand j’étais agent pour les athlètes ou quand j’étais en tribune, là, oui, ça donnait des frissons d’entendre ce qui se passait sur le terrain.
- Est-ce que tu dirais que c’est la compétition où tu as ressenti le plus de stress ?
Non, pas du tout, mais par contre c’est la plus belle compétition que j’ai vécue, ça c’est sûr.
Je pense que je n’en vivrai jamais d’aussi belles. Le lieu était vraiment unique. Tu regardais d’un côté tu avais les Invalides, tu regardais de l’autre tu avais la Tour Eiffel, le Grand Palais… Dans le monde, qui peut proposer un pas de tir de cette beauté-là ?
C’était vraiment la plus belle compet. Ça n’était pas du stress mais vraiment de la détermination qui nous habitait à ce moment-là.
- Que raconteras-tu à ta famille dans 20 ans à propos de ces Jeux ?
Quand on préparait les Jeux, on entendait les gens qui disaient « les Jeux ça va être une catastrophe, Paris n’est pas prêt, la France n’est pas prête. » Il y avait quand même une aspiration assez négative, et en fait, quand on y a été…
J’ai eu la chance de les vivre en famille au niveau des Olympiques, ce qui ne m’était jamais arrivé. Et puis, après, de participer aux Paralympiques, on a senti cette synergie, cet engouement, tout le monde allait dans la même direction. Ça, j’en reparlerai dans 20 ans.
- Quels sont les objectifs désormais ?
Les objectifs sont multiples. Avec ceux qui restent à l’issue des Jeux de Paris, de les préparer en analysant ce qui nous a manqué. On est sortis sans médaille et ça, c’était inenvisageable dans ma tête. Il faut qu’on aille chercher ce qui nous a manqué, de manière à ce que ça ne se reproduise pas sur Los Angeles. Ça c’est le 1er objectif et le 2e c’est de travailler avec la Fédération pour développer davantage le para-tir à l’arc et renforcer cette équipe avec l’idée qu’à Los Angeles on ait l’équipe la plus complète possible.