Les championnats de France sont souvent le terrain de belles histoires. Celle d’Alexandre Desemery et Jocelyn De Grandis en fait partie. L’élève a dépassé son maître lors de cette finale S2 arc classique puisqu’Alexandre Desemery a été sacré Champion de France juste devant son entraîneur.
Leur complicité saute naturellement aux yeux. Déjà, à Nîmes, l’émotion était de mise lorsqu’Alexandre Desemery prenait son entraîneur, Jocelyn De Grandis, dans ses bras au terme de son incroyable parcours. Un mois plus tard, les deux hommes se retrouvent en compétition mais cette fois, face à face. « Ça fait plaisir, relève d’emblée Jocelyn De Grandis. Ça veut dire que ce qu’on a mis en place, ça vaut le coup. J’ai vraiment fait une fin de saison en salle juste pour ça. Pour que l’on se fasse un match et qu’on prenne du plaisir ensemble surtout ». Forcément, dans un coin de la tête le matin même, la finale sera le terrain de jeu entre les deux hommes grâce à un tableau bien disposé à leur rencontre finale. Pas de quoi amoindrir la motivation dans la tête d’Alexandre Desemery : « Il y avait la pression, mais je sais qu'il n’est pas imbattable, je savais ce que j'avais mis en place. C’était se faire plaisir mais, par contre, je voulais gagner, il y avait cette pression-là. »
Une pression plutôt bien abordée pour Alexandre Desemery. Après une entrée en la matière parfaite de Jocelyn De Grandis, l’archer d’Issy-les-Moulineaux égalise avant de s’envoler à la marque (7-3). Une défaite qui n’avait absolument pas de goût amer pour Jocelyn De Grandis : « Le sport c'est que le meilleur gagne et là c'est le meilleur qui a gagné donc je ne suis pas déçu. Je suis content déjà d'être arrivé en finale, c'était un gros défi. Je la perds avec les honneurs parce que j'ai bien tiré ma finale, il a très bien tiré la finale donc je suis content. »
Les deux hommes pouvaient alors de nouveau laisser libre cours à leurs taquineries :
Alexandre : « Toujours (rires). C'est ce qu'on se disait justement, on se connaît très bien et on sait quand on peut commencer à taquiner, à chambrer et quand on s'arrête pour respecter le tir de l'autre. C'était vraiment du on/off, constamment, toute la finale. Je pense que les gens l'ont vu qu'on était constamment à se teaser, mais globalement c’était « ok maintenant on y va, on tire, le tir est fini, allez on se chambre encore »"
Jocelyn : "Même en dehors de ça, il y a aussi le fait de se voir tirer, de ressentir les choses de l'intérieur et pour une fois on s'est regardé, on n'a pas eu besoin de verbaliser les choses et ça fait du bien aussi."
Une belle histoire qui s'ajoute à la magie des championnats de France.
La très belle saison en salle d'Alexandre Desemery
Alexandre Desemery a vécu une saison en salle rêvée. Quatrième à Nîmes, l’archer d’Issy-le-Moulineaux a ensuite connu sa première sélection en équipe de France lors des championnats d'Europe en salle : « Je suis très content. Une saison de dingue. J’ai du mal à exprimer ce que je ressens, mais je suis très content de ce qu'on a mis en place, de mon tir, de ma prise de confiance, de ce que j'ai appris de Nîmes, aux Europe, j'ai énormément appris de ces compétitions-là. Ce que j'ai pu mettre en place aussi aujourd'hui aux France. J'ai hâte de voir ce que ça va donner sur l'extérieur.