David Sherry, un archer britannique très Français

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Cette année, le doyen des championnats de France de Tir à 18m était un membre de la Compagnie des Archers Villersois. Il fêtera ses 79 ans en mai prochain. Mais David Sherry a aussi une autre particularité, il est Britannique.

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Le doyen du championnat

On retrouve notre archer qui a bien voulu se livrer au jeu du portrait après les tirs de qualification. Quand on lui apprend qu’il est le compétiteur le plus âgé engagé dans ces championnats de France, David Sherry est surpris et amusé. « Ça me fait plaisir. Il y a énormément d’archers qui arrêtent alors qu’ils pourraient continuer de tirer. J’ai beaucoup d’amis qui tiraient encore mais avec un arc trop puissant et qui ont arrêté à cause de ça. Ils ne peuvent plus tirer, ils ne sont plus précis. » On lui demande alors s’il a modifié sa pratique pour pouvoir continuer à fréquenter les pas de tir. « Je tirais 35 livres, je suis passé à 29. J’ai baissé la puissance, changé mes flèches et je peux continuer à tirer. Cette année, mon meilleur score est de 548 points en salle, c’est pas trop mal quand même ! ». 

À presque 79 ans, notre archer reste un compétiteur dans l’âme « j’aime bien les duels. J’ai remporté le championnat des Yvelines trois fois et cette année, j’étais médaille d’argent ». On veut alors savoir s’il pratique d’autres disciplines. « Je tire à 70 mètres mais c’est difficile avec la puissance plus faible. J’ai quand même eu pas mal de succès, à 50 mètres aussi. Je continue cette année ».

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David Sherry ©Pierre Lansac
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Le tir à l'arc, une découverte sur le tard

Quand on pense tir à l’arc et Grande-Bretagne, cela convoque tout de suite un imaginaire de longbows et de Robin des Bois. Mais il n’en est rien pour David qui a débuté le tir à l’arc dans une compagnie en France à 65 ans. D’ailleurs, son histoire avec la France est plutôt longue. « Je travaillais dans le domaine de la construction, mais dans les années 70 et 80, le marché du travail était horrible en Grande-Bretagne. Je suis parti en vacances ici pour faire du ski et j’ai décidé d’y rester ! Je me suis reconverti pour enseigner l’anglais des affaires aux Français. J’ai créé ma propre méthode et j’ai monté mon entreprise. Ça s’est bien passé et à 65 ans, j’ai pu tout revendre pour prendre ma retraite. J’avais du temps libre, c’est là que je me suis mis au tir à l’arc à Villiers-Saint-Frédéric. » 


Un Anglais au championnat de France

Si les archers étrangers ayant une licence en France peuvent se sélectionner pour les championnats de France et participer aux qualifications, ils ne peuvent pas prétendre au titre de champion dans leur catégorie. David Sherry en a conscience, mais il participe tout de même pour se confronter aux autres archers. D’autant que le sujet de sa gracieuse majesté se verrait bien en citoyen français, « j’ai entamé la procédure de naturalisation, mais ça prend du temps et c’est compliqué. Donc ce n’est pas encore fait.» 

Cela n’a cependant pas empêché notre archer d’outre-Manche de participer une première fois à ces championnats en 2022 à Vittel. « J’avais passé les qualifications et j’ai passé le 16e de finale, mais j’ai été battu au tour d’après. » Les règlements étaient alors légèrement différents.

On se demande tout de même si David Sherry a eu l’occasion de concourir dans son pays d'origine. « Il y a quelques années, j’ai emmené un groupe d’archers de Villiers pour un weekend où nous avons participé à une compétition avec un club d’Ashford (dans le sud-est de l’Angleterre NDLR) On a passé un bon moment, ça s’est très bien passé, mais c’est tout ». David Sherry est décidément un archer très Français.

 

Après cette expérience parisienne, notre archer britannique se projette déjà sur les prochains championnats de France de tir à 18m en 2027. « J’ai encore beaucoup de choses que je peux améliorer dans mon tir donc je serai certainement aux championnats l’année prochaine où j’espère être de nouveau l’archer le plus âgé. Et puis d'ici-là, je serais peut-être Français ! »

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Texte et photos : Pierre Lansac