De l’arc classique au poulies, les sensations du changement

Article publié le 28/01/2026
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Une vie d’archer est faite de plusieurs expériences diverses et variées. Pour les agrémenter, il n’est pas rare de faire le choix du changement d’arme pour connaître de nouvelles sensations. C’est le cas d’Anaëlle Florent (Nîmes) et Mélanie Gaubil (Compiègne). Anciennes pensionnaires de l’INSEP, elles sont passées récemment de l’arc classique à l’arc à poulies. L’occasion de rentrer au cœur de ces nouvelles perceptions. 

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Anaëlle Florent à gauche et Mélanie Gaubil à droite

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La joie de Mélanie Gaubil sur les championnats de France de tir en salle à Boé, en février 2025, restera forcément un moment marquant de sa carrière. A 28 ans, l’archère de Compiègne s’emparait alors de son dernier titre de Championne de France Elite en arc classique. Quelques semaines plus tard, elle annonçait mettre un terme à sa carrière internationale dans cette même catégorie d’arme. 

Un an plus tard, lors du tournoi de Nîmes, Mélanie Gaubil est toujours présente sur les pas de tir mais autour d’elle, le nom de ses adversaires a significativement changé. Pour cause, l’archère se retrouve désormais parmi les concurrents arc à poulies : « J’ai changé début novembre. J’ai essayé de faire un peu les deux en septembre mais les sensations étaient tellement différentes... L’arc classique est finalement resté dans la valise »

Un changement qu’Anaëlle Florent a également vécu : « J’ai commencé à m’y mettre plus sérieusement à partir de l’été 2025. J’ai changé parce que je prenais moins de plaisir à l’entraînement. J’avais testé le poulies, il y a quelques années et j’avais ressenti énormément de sensations. Avec tout ce qui s’est passé, ainsi qu’avec l’intégration du poulies aux Jeux… Les planètes se sont alignées et je me suis dit que c’était le bon moment de me lancer ». 

Si pour Mélanie Gaubil, les Jeux ne rentrent pas du tout en compte, elle partage néanmoins ce changement comme une bouffée d’oxygène « En juin, je me suis dit que j’avais atteint le bout de mon chemin en arc classique. J’avais déjà testé l’arc à poulies et j’avais bien aimé également. C’est un nouveau défi, de nouvelles choses à apprendre, de la découverte… C’est également une forme d’apprentissage en tant qu’entraîneur. Le classique, j’en ai fait pendant 20 ans donc je connais, mais le poulies j’ai que du théorique, donc j’aimerais bien voir aussi en pratique ce que ça donne. De voir les différences, pour me dire que si un jour j’ai quelqu’un en poulies qui me demande des conseils, je saurais quoi lui dire ». 

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"L'impression de retourner à mes 11 ans"

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Pour les deux archères, le changement engendre une prise en compte de nouveaux paramètres et de nouvelles techniques à acquérir. Pour Anaëlle, c’est une forme de retour à l’enfance qui s’opère : « Je prends beaucoup de plaisir à m’entraîner, j’apprends énormément de choses. J’ai un peu eu l’impression de retourner à mes 11 ans quand j’ai découvert le tir à l’arc, alors que j’ai juste changé d’arme (rires). »  Les réglages du matériel deviennent alors une partie de plaisir pour Mélanie : « On peut faire tellement de changements mécaniques, d’adaptation du matériel... »

Au-delà de toute la partie technique, c’est également tout le corps humain qui doit s’habituer à de nouvelles routines de tir : « Je m’attendais à retrouver beaucoup de similitudes posturales comme le 

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but ça reste quand même d’être droite, mais je me rends compte que le rapport de force et le maintien de la posture, le corps ne travaille pas du tout de la même façon. J’apprends plein de choses, à la fois en tant qu’archère, et en tant que coach. Sur la préparation physique, par exemple, on ne peut pas tout à fait faire les mêmes exercices, les mêmes programmes, parce que les besoins ne sont pas les mêmes. Les premières semaines, j’avais très mal au dos. Pourtant je connaissais le tir à l’arc, mais ça n’est pas tant que ça soit des nouveaux muscles, c’est qu’ils ne travaillent pas de la même façon » 

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L’avenir

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Qui dit changement, dit nouveau chapitre à écrire : « J’ai juste effleuré la partie émergée de l’iceberg, résume Mélanie. Il y a encore plein de choses à découvrir et c’est ça qui est intéressant et qui donne envie. Finalement, quand tu as fait du haut niveau, que tu as tiré pendant des années, tu sais que ton niveau va descendre parce que tu t’entraînes moins, tu n’as plus les mêmes motivations. Et c’est aussi un peu dur à accepter, parce que tu veux continuer d’être dans la compétition, tu as toujours cette idée que tu as fait de la performance… Là tu repars de zéro. Ça permet de continuer à pratiquer tout en se faisant plaisir. »

Loin des objectifs de performance après ces premiers mois d’expérience, les deux femmes veulent avant tout passer étape par étape : « L’objectif c’est vraiment d’évoluer, d’apprendre un maximum, pour pouvoir ensuite performer » conclut Anaëlle. Un bon moyen d’avancer sereinement.  

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