Dans la famille Tisserond, je voudrais la fille Juliette, le fils Maxime, la mère Fabienne, le père Christophe et le grand-père Francis. Au sein de la Nouvelle-Aquitaine, la lignée a fait du tir à l’arc le cœur des réunions familiales. Mise en lumière sur cette passion qui se transmet de génération en génération.
Quand elle a porté les couleurs de l’équipe de France, cet été, au championnat d’Europe de tir en campagne, Juliette Tisserond a dû se rappeler tout le chemin qui l’a amené jusqu’à la Pologne. La petite dernière a, pendant longtemps, affiché son refus du tir à l’arc, jusqu’au jour où, elle aussi, est tombée dans la marmite : « Juliette n’a jamais voulu faire de tir à l’arc avant ses 17 ans car elle entendait trop parler de tir à l’arc à la maison, se souvient le papa, Christophe. Elle râlait « arrêtez avec le tir à l’arc ! ». C’était une véritable aversion pour elle. Ses grands-parents, ses parents, son frère… Tout le monde faisait du tir à l’arc. Elle a ensuite commencé pour dépanner par équipe, en UNSS, à 17 ans. » « Pour accompagner mon frère parce qu’il fallait une fille dans l’équipe. Et puis, pour avoir des points au bac aussi, c’est que ça » s’en amuse l’intéressée.
La maman, Fabienne, avoue même « Sans ça, elle n’aurait jamais tiré. Maintenant, c’est elle qui en parle le plus à table et moi qui commence à lever le pied. Je me dis tout le temps « quand je pense qu’elle ne voulait pas tirer…» »
En famille
L’une des richesses du tir à l’arc tient en sa capacité de pouvoir réunir toutes les générations. Les Tisserond en sont la preuve même. Du côté de Champs-sur-Marne, lors des championnats de France par équipes de clubs de tir en campagne, l’équipe d’Ardin comptait dans ses rangs, la mère et la famille, avec le père en tant qu’entraineur. Désormais à Bruxelles pour le travail, Juliette savoure ces rendez-vous en famille « C’est un moyen de connexion, comme ça on arrive à se voir aussi. Et puis, même, pour la communication, le fait d’être dans la même équipe, il y a moins de filtres. Même en tant qu’entraîneur, comme on se connaît parfaitement, il a toujours les mots pour nous remettre dedans et nous motiver ». Pour Fabienne : « On s’est toujours très bien entendus en équipe. On n’a jamais reproché à l’autre une flèche loupée. On tire également en TAE ensemble, en D2. »
Les couleurs du maillot d’Ardin font forcément penser aux Tisserond. Christophe n’occupe pas seulement les responsabilités d’entraîneur et d’arbitre, mais aussi celles de Président du club. « On est un petit club (79 licenciés en 2025) dans un petit village, reprend Juliette. Autour de nous, on dit aux gens « C’est l’un des seuls sports que vous allez voir aux alentours, où vous pouvez pratiquer tous ensemble, sur le même pas de tir. Vous pouvez même faire des compétitions ensemble. »
A 25 ans, Juliette Tisserond a d’ores et déjà ouvert son palmarès en médaille
L'archère aux 20 médailles nationales, nous livre quelques souvenirs marquants de sa jeune carrière « Par équipe campagne, en 2023, on a gagné la médaille de bronze. C’était émouvant de partager un podium avec ma mère et mon père. La même année, pour ma 1ère en 3D, on a gagné le titre et donc l’organisation du championnat de France suivant. Même si, cette fois, ça n’était pas en famille, c’était important pour moi de pouvoir permettre à mon club d’organiser un championnat de France, dans notre petite commune. Et individuellement, en 2024, en campagne élite où j’ai réussi à garder mon titre pour la deuxième année consécutive. Et le Beursault, cette année, pour la tradition."
Le grand frère, Maxime, n’est pas en reste dans cette famille d’archers. Comme ses parents, il s’est mis au tir à l’arc à partir du collège, en 4e. S’en est suivi quelques beaux résultats comme sa 4e place au tournoi de Nîmes en 2016. Une ADN archère pas étonnante si on en suit le résonnement de Fabienne : « Je n’ai jamais beaucoup arrêté le tir à l’arc. Quand j’attendais, Maxime, j’avais un gros ventre, que je continuais toujours ».
Mais la famille serait-elle devenue férue de tir à l’arc sans le grand-père maternel, Francis Caron, licencié chez les archers du donjon, à Aulnay ? A 85 ans, cet ancien recordman de France, multiple champion national, continue de faire du tir à l’arc son moteur. Les cinq archers de la famille sont d'ailleurs déjà tous montés sur la plus haute marche d'un podium de championnat de France.
Avant de reprendre la route, en famille, Christophe a les mots justes : « Notre souhait, c’est de continuer de prendre du plaisir à tirer ensemble parce que le tir à l’arc se pratique en famille. C’est une bonne chose qu’on puisse avoir toutes les catégories d’âge sur le même pas de tir, quel que soit l’âge mais aussi le niveau. On peut tirer à côté d’un Champion du Monde quand on débute et ça c’est spécifique au tir à l’arc. C’est une très bonne chose. »
Souhaitons à la famille Tisserond de continuer de faire de cette complicité familiale une véritable force.