A 9 000km de la métropole, les couleurs jaune et vert de Saint-Denis rayonnent sur l’île de La Réunion. Présent chaque année sur les différents championnats de France, le club réunionnais forme année après année des espoirs du tir à l’arc français, à l’image de Lai-Tsan Randriantsara et Enora Techer Law Hune ces dernières années.
L’été dernier, du côté de Riom, quatre filles se retrouvaient pour défendre ensemble les couleurs de leur club de formation. Jade Pota, Lai-Tsan Randriantsara, Jeanne Valer et Luce Vialard savouraient le plaisir de former une seule et même équipe : « C’est toujours important de porter les couleurs de notre club, il ne faut pas oublier d’où on vient. Pour représenter notre île et être ensemble toutes les quatre… Il y en a qui s’entrainent à la Réunion et d’autres en métropole. Ça permet d’être réunies et de s’amuser. Il y a aussi un côté rassurant d’être ensemble. » Pour Lai-Tsan Randriantsara, pensionnaire du Pôle de Nancy, ces retrouvailles ont forcément un goût particulier : « ça fait du bien de retrouver notre club ».
Le titre en 2014 © Saint-Denis
Rembobinage
Juillet 2014… L’équipe mixte (U13/U15) lève les bras du côté de Vichy, les quatre archers de Saint-Denis deviennent Champions de France. L’encadrant de l’époque se nomme Florent Gouzien.
Juillet 2024… Dix ans plus tard, Florent Gouzien est toujours présent au club et continue de s’y investir avec passion. Nouveau titre pour son club avec, cette fois, la très jeune Enora Techer Law Hune (12 ans à l’époque). L’archère devient Championne de France U15.
Juillet 2025… Le maillot jaune et vert monte de nouveau sur la plus haute marche du podium national avec cette fois Lai-Tsan Randriantsonan en U18. Dans la continuité de ce titre, la jeune archère de 17 ans connaîtra sa 1ère sélection en équipe de France jeune.
Après avoir vécu toutes ces émotions, Florent Gouzien est le mieux placé pour en parler : « Ce sont des jeunes que je vois parfois depuis l’école primaire et qui au final arrivent sur un projet en métropole, c’est très valorisant. Ça fait déjà quelques années qu’on arrive à avoir des résultats probants. Même si on est assez éloignés géographiquement, ça fait toujours plaisir parce que ça montre qu’on est là. » Avant que ses protégées ne surenchérissent de manière très mature : « L’idée c’est de montrer il n’y a pas que les archers en métropole qui peuvent participer, il y a aussi des petits cailloux perdus en plein milieu de l’océan qui peuvent participer à des compétitions et qui peuvent y faire des résultats. »
Le projet du club basé sur la jeunesse et la mixité
Si le club connait autant de réussites, il le doit à un projet cohérent. Parmi les huit clubs présents sur l’île, Saint-Denis mise sur la formation de la jeunesse mais aussi sur la mixité :
« On a un projet assez fort sur les jeunes, c’est en lien avec ce qu’on voit sur les championnats, on arrive à être présent. On essaie de faire des groupes avec des catégories d’âge, on essaie de faire attention à la mixité. On a un club qui est assez féminisé. Cette mixité est très importante. On est un club qui a plus de 60% de femmes et chez les jeunes c’est encore plus féminisé. Elles s’entendent bien entre elles et elles se rendent compte que le tir à l’arc n’est pas réservé aux garçons. »
Saint-Denis continue de former les talents de demain.
Comment ont-elles découvert le tir à l'arc ?
Jade Pota :
"On avait des animations avec la Mairie. A la base je m’inscrivais pour faire de la gymnastique, et sur la feuille, à côté, il y avait une case avec le tir à l’arc. J’ai voulu essayer. Je suis allée tester avec Florent (Gouzien) et je suis revenue à la Mairie pour m’inscrire."
Jeanne Valer :
"En 4e, il y avait une sortie. Et un jour, on a fait du tir à l’arc. J’ai adoré ça et j’ai voulu continuer. "
Luce Vialard :
" Moi, je me suis blessée au genou, du coup je cherchais un sport calme et comme depuis toute petite, je rêvais de faire du tir à l’arc, rien qu’en regardant à la télévision ou dans des films, un jour ma mère m’a dit « Luce, t’as un essai tir à l’arc demain » et voilà ça s’est fait comme ça."
Lai-Tsan Randriantsara :
" Ma mère savait que j’aimais beaucoup le tir à l’arc, dans les films comme Merida (Rebelle) ou dans les jeux comme Zelda. Elle a vu, qu’avec l’école municipale, je pouvais faire du tir à l’arc, donc elle m’a inscrite, j’ai bien aimé et j’ai demandé à aller dans le club parce qu’il y avait une personne que je connaissais qui y était."